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  • La ferme : Façade sud de la ferme qui borde un côté du jardin abbatial
  • La ferme, vue nord : La cour intérieure sur laquelle elle ouvre est ceinturée de bâtiments agricoles
  • Bâtiments agricoles : Stockage récoltes et matériel agricole ; élevage ovin, bovin, porcin et basse-cour
  • Hôtellerie : Bâtiment imposant pour accueillir les hôtes de marque qui marque l'importance de l'abbaye
  • Pont XIIIe : le pont construit au XIIIe siècle photographié il y a un siècle pour une carte postale
  • Le Pont XIIIe de nos jours a gardé tout son charme
  • Puits aux Martyrs : la légende rapporte que pendant les Guerres de Religion, des moines furent jetés vivants dans ce puits
  • Puits aux Moines : ce puits donne accès aux galeries souterraines dans lesquelles étaient inhumés les moines. Pillées et effondrées au XIXe
  • Jardin abbatial : vu du jardin depuis l'ancien emplacement des bâtiments abbatiaux, avec pont sur ancienne route de Blois à Chartres, à travers la forêt de Marchenoir
  • Colombier : le majestueux colombier a été détruit au XXe siècle. Des cartes postales nous le restituent tel qu'il se présentait au début du siècle
  • Ruines ancienne Chapelle : Eglise détruite pendant les guerres de religion, les moines, ne pouvant la relever, transformèrent en lieu de culte le réfectoire. En subsistent quelques ruines, envahies par la végétation
  • Parc : ancien parc, qui a conservé ses belles proportions, vu depuis l'emplacement de l'ancien bâtiment abbatial
  • Emplacement des anciens bâtiments abbatiaux : un champ de culture et du matériel agricole abandonné, rien ne subsiste des anciens bâtiments abbatiaux

foundators150 Fondée puis portée sur les fonds baptismaux par la volonté de deux hommes au rang des plus illustres du XIIe siècle :

  • Saint Etienne Harding, abbé de Cîteaux, l'un des trois Pères fondateurs de l'Ordre avec Robert de Molesmes et Aubry en 1098, qui conçut durant son abbatiat les structures organisationnelles et rédigea les règles sur lesquelles Cîteaux bâtit son exceptionnel essor des XIIe et XIIIe siècles ;
  • le comte Thibault IV de Blois et de Chartres, comte de Champagne en 1125 sous le nom de Thibault II, petit-fils de Guillaume le Conquérant, seigneur le plus puissant et plus riche du royaume, dont les possessions immenses encerclaient les minuscules états franciliens du roi Louis VI le Gros contre lequel il guerroyait, seigneur dont la sage oeuvre législatrice promut la révolution économique et commerciale que furent les foires de Champagne (la première économie monde),

l'abbaye Notre Dame de l'Aumône était née en 1121 sous d'heureux auspices ; bien née, certes, mais la folie des hommes et de leurs guerres ne l'épargna guère par la suite : les destructions des guerres de Cent ans d'abord, puis de terribles massacres et destructions  durant les Guerres de Religion, où disparurent des documents historiques (cartulaire, nécrologe) qui constituent la trame pour suivre l'histoire d'un tel établissement. Sa mémoire historique gommée par les conflits armés, sa trace physique fut efffacée par l'avidité et l'inconscience humaine, après sa vente comme bien national, puisque l'ensemble des bâtiments monacaux furent démolis en 1818 pour être revendus comme matériaux de construction (à l'instar de bien d'autres monuments prestigieux de notre patrimoine, tels Cluny par exemple !).
Alors que son souvenir se dissout dans les limbes du temps,  voici pour mémoire quelques témoignages épars, rassemblés par Maître Jean COSSON, sur ce que fut cette prestigieuse abbaye cistercienne.

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Souvenir de l'Abbaye ND de l'Aumône

 

abbatiale

A l'aube du XIIe siècle, sur le vaste espace européen, politiquement morcelé en une myriade infinie et mouvante de structures parcellaires dominées par des gens de guerre, tirant leur légitimité de la férocité de leurs armes qui leur permet de vivre  économiquement aux dépens d'une population laborieuse et exploitée au motif de la protéger, mais  espace unifié par une civilisation et une foi commune qui a permis à ses habitants de survivre puis de se construire autour des valeurs de la foi catholique, incarnée par le Pape à Rome, dont les représentants depuis  la disparition de l'empire romain ont toujours été présents aux côtés des populations lors des heures les plus sombres et dramatiques de plusieurs siècles d'invasions , tout en préservant au fond de monastères isolés les trésors littéraires et scientifiques de l'antiquité, pointent les premiers signes d'une prodigieuse expansion démographique et révolution économique d'où émergera la civilisation occidentale.

De cette prospérité, nobles et église bénéficieront essentiellement ; à tel point que les monastères bénédictins, qui ont conservé, dupliqué et transmis aux heures sombres  du repliement les trésors de la culture antique et constitué le point d'ancrage spirituel autour duquel, alors que toutes les autres structures sociales et politiques s'effaçaient, la population a pu se rassembler, connaissent une opulence jusque là inconnue. Parmi ces monastères épars, non hiérarchisés entre-eux, ayant pour point commun leur soumission au Pape et le respect de la règle de Saint-Benoît qu'ils ont choisie pour discipline, émerge le monastère de Cluny, qui va devenir la référence de la chrétienté et auquel vont s'agglomérer beaucoup de monastères bénédictins.

Cistercii filiae

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L'arbre de filiation des abbayes cisterciennes, témoigne de la formidable expansion de l'ordre depuis sa création en 1098, lorsque l'Abbé bénédictin Robert de Molesmes, obtint l'autorisation du pape de "se retirer au désert", au fond d'un marais inhospitalier de Bourgogne, appelé "Cistel", et 1153, lorsque s'éteignit saint Bernard, dernier docteur de l'Eglise, le plus connu et emblématique des cisterciens, dont l'influence sur le XIIe siècle fut telle que les historiens le qualifient de "siècle de saint Bernard".
St Etienne Harding créa entre 1113 et 1115 les "quatre premières filles de Cîteaux", premières en dignité puisqu'elles donnèrent chacune naissance à leur propre filiation : La Ferté (1113), Pontigny (1114), Morimont (1115) et Claivaux (1115), dont l'abbatiat échut malgré son jeune âge à Bernard de Fontaine. Dans la lignée propre de Cîteaux, l'abbaye-mère, dont l'Abbé reste le personnage central de l'ordre, après  La Cour Dieu et Bonnevaux en 1119 est crée, à la demande du Comte de Bois, l'Aumône en 1121 dont Etienne Harding choisit le moine "Ulric" comme premier abbé