abbatis
L'Abbaye ND de l'Aumône en 1790, après l'expulsion des Moines et avant sa mise en vente au titre des biens nationaux

Etat du site en 1875

Voici un témoignage, datant de 1875, de l'état du site près de soixante ans après la démolition de l'abbaye.
Il provient des archives départementales du Loir-et-Cher. Il décrit bien l'état de misère et d'abandon des ruines, toujours livrées à la dévastation et au pillage.

« A droite en rentrant, je vois le domicile du sieur COUTOUT, jardinier de père en fils à Cîteaux ; il a remplacé le garde ROUGEOREILLE ; quant au Garde nouveau, il est placé en arrière ».

« Sur la gauche, en face, un puits bien entretenu, recrépi tout à neuf et fermé au verrou. Là est encore un canal, ou réservoir à poissons, très profond. Une construction a du exister en cet endroit, soit pour cuire du pain pour les pauvres, soit pour loger les voyageurs. »
« Plous loin, et toujours sur la gauche, un véritable colombier où le monde remplace les pigeons ».
«  Tout près, et presque en face, existait une tour très élevée et très solide, munie à l'intérieur d'un escalier en pierre, véritable minaret chrétien. Ensuite, et toujours sur la gauche, la lingerie habitée par le tisserand THIBAULT. Cette habitation communiquait avec la dernière église par un conduit souterrain. »

« Nous sommes sur la place de l'Abbatiale, près de la dernière église. Devant nous est le jardin de l'asperger, avec un vaste et superbe puits qui fournit de l'eau en abondance ; à droite, nous avons une enfilade de maisons neuves ou rajeunies. Attention, c'est maintenant l'emplacement du couvent ; à sa gauche est la métairie avec son antique colombier, et à sa droite l'ancienne écurie maintenant habitée par une nombreuse famille. »

« En face, un pont de pierre rajeuni sur un canal, ou réservoir à poissons, puis une sortie entre deux sauts de loup. »

«  De plus, entre ce pont et le couvent, existe une citerne vide qui est le point central où aboutissent plusieurs caveaux qui ont servi, ou qui auraient servi, à de nombreuses sépultures ». « L'escalier de descente étant bouché et oublié depuis longtemps, c'est par cette citerne vide que dernièrement ont pénétré des scieurs de long flâne et profanateurs, car ils ont démoli les cloisons et dérobé des objets de piété. »

« C'était à qui devancerait son voisin pour rendre visite à ce puits oublié et méconnu depuis bien des années, malgré sa margelle en pierre sculptée et veinée de rouge, et malgré sa savante et pieuse destination, car c'est là que l'on donnait la dernière bénédiction et il servait en outre à assainir et à aérer les caveaux où dormaient d'illustres et saints personnages ».

« Les curieux en voulant s'introduire dans son étroite ouverture risquent, non pas de se noyer, car ce puits est à sec, mais de se disloquer bras et jambes comme il a manqué d'arriver au sieur VENOT, à cheval sur un bâton mal ajusté, a roulé au fond du puits ». « Et c'est son fils qui m'a engagé à suivre l'exemple de son père ».

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Etude de Charles CUISSARD

Mémoire de l'Abbé MOUZE

Manuscrit de PEAN et ROUSSEAU

Cistercii filiae

treeL'arbre de filiation des abbayes cisterciennes, témoigne de la formidable expansion de l'ordre depuis sa création en 1098, lorsque l'Abbé bénédictin Robert de Molesmes, obtint l'autorisation du pape de "se retirer au désert", au fond d'un marais inhospitalier de Bourgogne, appelé "Cistel", et 1153, lorsque s'éteignit saint Bernard, dernier docteur de l'Eglise, le plus connu et emblématique des cisterciens, dont l'influence sur le XIIe siècle fut telle que les historiens le qualifient de "siècle de saint Bernard".
St Etienne Harding créa entre 1113 et 1115 les "quatre premières filles de Cîteaux", premières en dignité puisqu'elles donnèrent chacune naissance à leur propre filiation : La Ferté (1113), Pontigny (1114), Morimont (1115) et Claivaux (1115), dont l'abbatiat échut malgré son jeune âge à Bernard de Fontaine. Dans la lignée propre de Cîteaux, l'abbaye-mère, dont l'Abbé reste le personnage central de l'ordre, après  La Cour Dieu et Bonnevaux en 1119 est crée, à la demande du Comte de Bois, l'Aumône en 1121 dont Etienne Harding choisit le moine "Ulric" comme premier abbé

L'arbre de filiation des abbayes cisterciennes tel qu'il se présentait en 1153, à la mort de Saint Bernard

Bibliographie

Cisterciens
La bibliographie cistercienne, de l'histoire de l'ordre, aux hommes qui l'ont marquée,
celle de chacune des centaines d'abbayes qu'ils ont fondées et animées au-cours des siècles,
est extrêmement bien documentée et de multiples ouvrages la retracent
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